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Le ministre Daerden réagit au débat sur les modalités d’examen de l’ULiège

Photo d'illustration - Belga
 17 decembre 2020 15:43  


La session d’examen de janvier approche et le débat sur les modalités d’examen se poursuit en cette période de pandémie. Une majorité d'élèves réclame des examens à distance, mais l’Université de Liège semble privilégier le présentiel. Frédéric Daerden, ministre de la tutelle sur Wallonie-Bruxelles Enseignement, réagit. 

Depuis quelques semaines, de nombreux étudiants tentent de se faire entendre par les autorités académiques de l’ULiège, mais celles-ci n’ont pas modifié les modalités d’examens, qui sont définitivement fixées depuis le 11 décembre. Le ministre Daerden a réagi mardi via un tweet et cette thématique a d'ailleurs fait l’objet de discussions au sein du gouvernement ce jeudi.

Une majorité d’examens en présentiel 

Djeyna est étudiante en bachelier de médecine à l’Université de Liège et affirme que “seuls 2 examens sont prévus en ligne, sur les 10 que je dois passer en janvier”. 

Une décision qu’elle trouve injuste pour plusieurs raisons : “Les étudiants étrangers ne peuvent même pas repartir pendant les fêtes pour voir leur famille s’ils veulent respecter l’obligation de quarantaine en revenant de l’étranger”, indique cette bachelière en médecine. 

Cette étudiante, comme la plupart de ses camarades universitaires, voudrait privilégier les examens à distance. C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée début du mois par la Fédération des Etudiants de l’Université de Liège auprès de 6.319 étudiants. Les résultats de cette enquête démontrent que 80% d'entre eux souhaite majoritairement, voire exclusivement, passer leurs examens à distance, mais cela n’a pas pesé dans la balance. 

Risques de contamination 

La logique des autorités académiques est parfois remise en cause par les étudiants vu la situation sanitaire de la Belgique qui se situe actuellement en zone rouge. “J’ai un oral prévu en ligne alors que c’est moins dangereux qu’un écrit vu qu’il y a plus d’espace entre nous et le jury que lorsque les étudiants sont collés-serrés dans les salles d'examen”, explique l'étudiante en médecine. 

La crainte de contaminer ou d’être contaminé est bien réelle dans les rangs étudiants, mais aussi lors de leurs déplacements. Le mythique bus 48 en direction du Sart-Tilman pourrait bien devenir un nid à coronavirus, comme le fait remarquer la Fédération des Étudiants de l’Université de Liège. “Les TEC n’étaient pas prêts en septembre et je ne crois aucunement qu’ils le seront en janvier”, explique le président du syndicat étudiant. 

Les jeunes sont moins touchés par des formes graves du Covid-19, mais ils ne sont pas immunisés pour autant. “C’est assez fréquent d’avoir un membre de sa famille atteint d’un cancer ou d’autres formes de comorbidités”, rappelle Christian Clerebaut, président de la Fédération étudiante. “Les étudiants ne veulent pas générer un risque évitable”, résume-t-il. 

L’Université a-t-elle du mal à s’adapter ? 

Une majorité de professeurs a pourtant décidé de réaliser leurs examens en amphithéâtre plutôt que sur internet. “Certains professeurs ne se sont pas adaptés et je pense que nous devrions avoir une réflexion dans les mois qui viennent sur un mode d'évaluation viable à distance”, soulève le président de la Fédération des Etudiants. 

“Ce qui m'inquiète le plus, c'est que dans certaines facultés, les étudiants n'auront pas l'occasion de disposer d'une seconde chance s'ils sont positifs et asymptomatiques. Ce qui poussera les étudiants concernés à se présenter sur leur lieu d'examen”, conclut-il. 

Jusqu’à présent, les autorités académiques de l’ULiège justifient leurs décisions en expliquant vouloir éviter la triche et les réseaux de triche, une position que la Fédération étudiante trouve “stigmatisante” envers la plupart des étudiants. 

“Le présentiel doit être une exception 

Le ministre Frédéric Daerden, en charge de la tutelle sur Wallonie-Bruxelles Enseignement, a d’ailleurs réagi mardi dernier à cette thématique pour apporter son soutien aux étudiants inquiets et rappeler que “le présentiel doit être une exception”.

 

Le sujet pourrait revenir sur la table lors du Comité de concertation de ce vendredi, mais “cela ne fait pas vraiment partie de l’ordre du jour de ce conseil”, nuance le ministre Daerden. 

“La mobilité vers les lieux d’examens ou encore le goulot d’attente devant les salles d’examen devront être organisés dans le respect des mesures sanitaires”, rappelle-t-il. 

Le gouvernement fédéral pourrait rappeler les mesures de précautions à prendre en cas d’examen présentiel après le conseil de ce vendredi. En tout cas, cette organisation reste la responsabilité des autorités académiques. 

Mallaury Lehnertz 










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