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Alysson, symbole des oubliés de la crise ?

Photo d'illustration - Serge Schoonbroodt
 17 novembre 2020 12:58   Liège


Une jeune indépendante liégeoise, faisant face à des difficultés financières suite à la crise sanitaire, a mis fin à ses jours ce lundi.  

Alysson Jadin avait 24 ans et venait d’ouvrir son salon de coiffure rue Saint-Gilles en août dernier, mais la crise sanitaire aura enterré ses rêves. Suite au reconfinement, la jeune femme avait dû fermer son salon et s'est vite retrouvée endettée.

Des citoyens avaient pourtant tenté de lui venir en aide, comme Serge Schoonbroodt, liégeois engagé pour la collectivité et faisant notamment partie du Comité de quartier Sainte-Marguerite. “Je l’ai rencontrée avant la deuxième fermeture de son salon. Sa situation était désespérée au niveau financier”, se rappelle-t-il. 

Cette barbière avait effectivement investit 25.000€ dans son salon et, avec le reconfinement qui l’a forcée à fermer boutique, la jeune femme n’avait même plus de quoi payer ses charges. “J’avais prévenu les autorités ainsi que les médias à l’époque” continue Serge Schoonbroodt. 

 En effet, les médias n’ont pas hésité à raconter l’histoire de cette jeune femme mais cela n’a pas suffi pour l’aider lors de cette double crise. 

“Les autorités ont promis toute une série de choses mais ils ne se rendent pas compte de l’urgence.” poursuit ce Liégeois. Et d’ajouter, tristement : “Elle est un symbole des gens oubliés de la crise”. 

Quelles aides pour les indépendants ? 

“Hier, les conditions d’accès aux aides financières ont été publiées et je pense que cela a été un moment déterminant”, ose formuler à voix-haute ce citoyen. “Je suis certain qu’elle a dû voir qu’elle n’était pas éligible”, ajoute-t-il. 

Le gouvernement a mis en place une série de mesures de soutien aux indépendants suite à la crise du coronavirus, mais obtenir ces aides n’est pas une sinécure. 

“Je trouve que, pour les indépendants forcés de fermer leurs établissements, les pouvoirs publics auraient dû donner un revenu, une aide à chacun et puis faire les comptes ensuite”, réfléchit Serge Schoonbroodt. 

“Malheureusement, pour Alysson, c’est trop tard. Et il y en aura d’autres, je pense. Mais les politiques ne pensent pas à ces gens-là, ils ne sont pas au courant de la misère qui existe”, explique ce Liégeois, encore touché par le suicide d’Alysson Jadin.

“Je demande surtout que les pouvoirs publics aident les indépendants, même s’ils sont jeunes, ainsi que les artistes”, poursuit-il. Et d’ajouter : “Mais je ne m’inquiète pas seulement pour ceux qui souffrent financièrement, je m’inquiète aussi pour nos ainés, qui ont été abandonnés pendant cette crise”. 

“Durant cette crise, on a souvent agi beaucoup trop tard”, résume Serge Schoonbroodt. Et effectivement, il est dorénavant trop tard pour sauver Alysson Jadin et ses projets de vie, comme son salon.

Mallaury Lehnertz










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