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Procès Goemans - Dervin : la délibération sur la culpabilité est programmée ce jeudi

Photo d'illustration - Image Belga
 15 octobre 2020 08:51   Liège


La cour d'assises de Liège a entendu mercredi après-midi les dernières répliques au procès de Sébastien Goemans, Fabian Dervin et Catherine Goemans. La délibération sur la culpabilité des accusés a été programmée sur la journée de jeudi.

Sébastien Boissart, un Liégeois âgé de 31 ans, avait été tué la nuit du 22 au 23 décembre 2017. Sébastien Goemans (35 ans), sa sœur Catherine Goemans (44 ans) et Fabian Dervin (29 ans) sont accusés d'avoir commis un assassinat.

Après un premier tour de plaidoiries et de réquisitoire qui s'est étalé sur deux journées, les différentes parties au procès ont répliqué mercredi en milieu d'après-midi. Les parties civiles ainsi que le ministère public sollicitent les condamnations des trois accusés pour l'assassinat de Sébastien Boissart. La défense de Sébastien Goemans a contesté la préméditation des faits tandis que les avocats de Fabian Dervin et Catherine Goemans ont sollicité l'acquittement.

A l'issue des répliques, la présidente Annick Jackers a décidé de programmer la délibération sur la culpabilité sur la journée de jeudi. Dix questions seront posées aux jurés. L'arrêt motivé sur le verdict de culpabilité n'est pas attendu avant jeudi après-midi.

La défense de Catherine Goemans plaide son acquittement

La défense, Me Nathan Mallants et Me Adrien Croisier, conteste ce rôle qui est attribué à Catherine Goemans. Me Mallants a soutenu que cet argument avancé par le parquet est une histoire nouvelle qui permet de placer chaque accusé dans une case bien spécifique. Selon l'avocat, ce mode de participation punissable reproché à Catherine Goemans doit être écarté. "Son comportement n'est pas pénalement répréhensible", a affirmé l'avocat.

Me Croisier a lui indiqué que Catherine Goemans n'a jamais ordonné la mort de Sébastien Boissart. "Je ne me lève pas pour dire que c'est une oie blanche, que c'est une mère parfaite, que c'est une dame qui n'a jamais menti ou qu'elle est sympathique. Elle reconnaît qu'elle est une mauvaise mère. L'enquête de moralité a coloré les débats. Mais il n'est pas démontré que Catherine Goemans est coupable d'avoir commandité la mort de Sébastien Boissart. On a donné l'envie de démontrer qu'elle en était capable mais il n'y a rien, dans le dossier, qui démontre la certitude qu'elle est coupable de ce qu'on lui reproche", a plaidé l'avocat.

La défense estime qu'il n'existe qu'un élément contre Catherine Goemans. C'est un SMS, rédigé durant la nuit, dans lequel elle qualifie la victime de "grosse merde". Mais ses messages et ses conversations téléphoniques ultérieurs avec les deux autres accusés ne démontrent pas qu'elle était un commanditaire qui venait de donner ses ordres.

Selon Me Croisier, les informations à charge de Catherine Goemans sont livrées par Fabian Dervin. "Dervin fait sa déclaration quand il se sent rejeté par Catherine Goemans. C'est un homme bafoué, humilié et abandonné. Mais il a montré aussi sa grande capacité à mentir, au point d'inventer deux personnages fictifs", a relevé l'avocat.

Sur base du doute qui subsiste sur la version retenue contre Catherine Goemans, ses avocats ont sollicité qu'elle soit acquittée. "Evitez une erreur judiciaire", a lancé l'avocat aux jurés.

La défense de Fabian Dervin plaide le doute et évoque une possibilité d'acquittement

L'avocate de Fabian Dervin a insisté sur la personnalité de son client lors de sa plaidoirie. Me Josepha Martin a précisé que celui-ci n'entend pas minimiser son rôle et assumera ses responsabilités jusqu'au bout. L'homme est présenté par sa défense comme quelqu'un d'influençable.

"C'est un ami fidèle, un homme avec ses rondeurs et sa nervosité. Mais il a le caractère d'un gros nounours. Il est serviable, naïf et influençable. Il a peur de l'abandon. A 30 ans, il a connu uniquement deux relations sentimentales. Il a été absorbé par Catherine Goemans. Il est tombé sous sa coupe et a cédé à tous ses désirs. Fabian Dervin était sous son emprise", a analysé Me Martin.

Selon la défense, le comportement de Fabian Dervin a été modifié depuis qu'il a fréquenté l'accusée. "Elle a compris qu'il était amoureux d'elle. Elle l'a pris et jeté au gré de ses humeurs. Lui, il suivait et revenait à chaque fois, comme un gentil toutou", a analysé l'avocate.

Me Renaud Duquesne sollicite des jurés qu'ils réalisent une différence dans les rôles joués par les accusés. "Il faut éviter le principe de la charrette, qui consiste à mettre tout le monde sur le même pied d'égalité", a-t-il réclamé.

Selon la défense, Fabian Dervin n'a pas prémédité les faits et n'a pas tenu un rôle indispensable lors des faits qui ont coûté la vie à Sébastien Boissart. Il était présent sur place mais il y a été entraîné par Sébastien Goemans parce qu'il avait peur de lui. Lors de la scène, il aurait même fait en sorte qu'elle ne se déroule pas et aurait tenté d'empêcher Sébastien Goemans de frapper la victime.

Me Duqesne a affirmé que l'acte posé par son client n'était pas prémédité. "Il a essayé de faire en sorte qu'on ne tue pas Sébastien Boissart. Mais il n'y est pas arrivé. Il avait peur pour lui et, par crainte, il n'a pas pu s'interposer. A-t-il, par sa présence, permis la facilitation du meurtre ? Par son abstention, il n'a pas encouragé l'acte", a plaidé l'avocat.

La défense conteste la préméditation des faits et évoque le doute qui doit bénéficier à l'intéressé sur la question du meurtre. Cette plaidoirie s'assimile à une demande d'acquittement. "Mais je laisse aux jurés le soin de se prononcer sur la responsabilité de Fabian Dervin", a précisé Me Duquesne.

 

Source : Belga 










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