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Asthme : utiliser exclusivement des inhalateurs à poudre sèche réduirait fortement les émissions de CO2

Photo d'illustration
 03 juillet 2019 14:08   Province de Liège

Les chefs de service de trois hôpitaux universitaires belges (UZ Leuven, UZ Gent, CHU LIÈGE) ont appelé mercredi à l'utilisation plus fréquente d'inhalateurs de poudre sèche pour traiter l'asthme ou la BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive). Ceux-ci, plus écologiques que les aérosols classiques à gaz propulseur, sont en outre plus faciles d'utilisation pour un même effet thérapeutique.

Les aérosols à gaz, une émission de CO2 conséquente

Prendre une profonde inspiration, inhaler et appuyer sur son aérosol... Un geste familier pour les patients atteints de pneumopathie respiratoire. Ces inhalateurs à gaz propulsé ont pourtant un impact significatif sur l'environnement. Leur composition s'est améliorée avec la signature du protocole de Montréal en 1987 qui a proscrit l'usage du gaz CFC en raison de son impact sur la couche d'ozone. Ce gaz a été remplacé par le HFA... qui émet toutefois du CO2. "L'utilisation actuelle des aérosols s'accompagne d'une émission significative de plus de 50 kilotonnes de CO2 en Belgique", avertissent les pneumologues belges.

L'alternative : l'inhalateur de poudre sèche

Or, une alternative existe: l'inhalateur de poudre sèche, qui présente une émission de CO2 18 fois inférieure, selon une étude de la British Thoracic Society en janvier 2019. Si tous les patients qui utilisent un aérosol classique passaient à ce système, la réduction des émissions de CO2 serait similaire à celle de 18.800 voitures à essence (à raison de 20.000 km/an) ou 3.000 vols aller-retour de Bruxelles à Londres. La pollution de l'air cause toujours davantage de problèmes respiratoires, "une personne sur huit dans l'Union européenne meurt d'une maladie pulmonaire", souligne la ministre sortante de la Santé publique, Maggie De Block, qui soutient l'initiative des médecins belges.

Une bonne qualité de l'air semble donc essentielle et utiliser un médicament polluant pour traiter une affection respiratoire n'apparaît pas cohérent. Opter pour un médicament plus écologique est "gagnant-gagnant", poursuit Maggie De Block. "L'inhalateur écologique soigne tout aussi bien le patient et ne pollue pas davantage l'air." Le but n'est pas d'obliger à utiliser un inhalateur écologique. Le patient doit pouvoir choisir le traitement qu'il préfère.

Mais "l'inhalateur de poudre sèche possède plusieurs avantages", soulignent les chefs de service. "On a constaté que 50% des patients n'utilisaient pas correctement l'inhalateur à gaz propulseur." Son utilisation nécessite en effet une coordination entre l'inhalation et la délivrance du gaz, ce qui n'est pas toujours aisé. Pour l'inhalateur écologique, le taux de mauvaise utilisation ne s'élève qu'à 10 ou 20%. Tous deux existent depuis longtemps et sont remboursés. L'utilisation d'un inhalateur à gaz propulsé plutôt qu'à poudre sèche s'explique par les habitudes, les préférences des médecins et le manque de connaissances des alternatives. Une fois utilisés correctement, chaque procédé a le même effet thérapeutique. Toutefois, en cas d'urgence, lorsque le patient a besoin d'un traitement de secours, les pharmacies ne disposent pas souvent d'inhalateur écologique de secours mais bien d'un aérosol classique. Les chefs de service vont désormais rassembler les pneumologues, les médecins généralistes et les pharmaciens pour élaborer un plan d'action concret - "le premier plan qui ne coûte rien", s'est amusée Mme De Block - sur le bon usage des inhalateurs et la réduction des émissions de CO2.

 

 

Belga






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