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Université: la balistique réévalue les performances des armes préhistoriques

 13 juin 2019 08:45   Liège

 

Dans le cadre d’un projet européen ERC Starting Grant (Evolution of stone tool hafting in the Palaeolithic), les chercheurs du TraceoLab de l’Université de Liège ont publié une étude dans la revue internationale Archaeometry qui révèle les performances des différentes armes de chasse préhistoriques.

En appliquant des méthodes d’analyse balistique, les chercheurs montrent que les premières armes connues, les épieux, développent une puissance exceptionnelle et que, lancés et non utilisés comme une pique, ils s’avèrent aussi performants que les propulseurs ou les arcs, armes pourtant apparues quelques centaines de milliers d’années plus tard. Cette étude résulte d’une collaboration inédite avec le Département Systèmes d'Armes et Balistique de l'École Royale Militaire. Ensemble, ils ont élaboré un protocole d’analyse balistique digne de la police scientifique. Une camera slow-motionfilmant à 7000 images par seconde et un « pendule balistique » (une cible mobile dont on mesure le mouvement produit par l’impact de l’arme) ont permis d’évaluer de manière précise l’énergie de chacune de ces armes.

Les résultats remettent en question les conceptions actuelles.

Les performances des épieux utilisés comme des piques sont tout simplement exceptionnelles. Ces derniers atteignent une énergie de 3300 joules, soit plus de trois fois celle d’une balle de calibre .357 magnum ! Une puissance phénoménale, certes, mais qui implique un risque plus grand pour le chasseur car celui-ci ne peut abattre sa proie qu’en se trouvant à côté d’elle… Les performances des épieux lancés sont, contrairement à ce que l’on pensait, loin d’être inférieures à celles du propulseur et de l’arc : ces trois armes développent une énergie variant entre 30 et 90 joules, assez pour abattre un gibier de taille moyenne comme un cerf ou un sanglier.

Les plus anciennes armes connues sont apparues il y a 350 000 ans. Il s’agit d’épieux, qui peuvent être lancés ou gardés en main et utilisés alors comme des piques pour transpercer l’animal. Quelques exemples en bois, bien conservés, ont été retrouvés à Schöningen en Allemagne. Le propulseur et l’arc apparaissent quelques centaines de milliers d’années plus tard. Le propulseur, dont les plus anciens exemplaires connus remontent à il y a 18 000 ans, sert à projeter une sagaie, sorte de longue flèche. L’arc est quant à lui un peu plus récent puisque les chercheurs pensent qu’il apparaît il y a environ 11 000 ans. Ces deux armes permettent une chasse à plus longue. Leur apparition semble marquer un tournant dans l’évolution humaine

 

Le TraceoLab de l’ULiège est un laboratoire qui analyse les traces et résidus laissés sur les outils préhistoriques lors de leur utilisation (la « tracéologie »). Il a fait de l’étude des techniques de chasse préhistoriques son fer de lance. 

Alain W 

 






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