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La protection civile de Crisnée ne veut pas défiler à Bruxelles

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 20 juillet 2018 16:06  

La protection civile de Crisnée ne participera pas au défilé du 21 juillet comme la tradition le veut. Cette année, les agents ont décidé de boycotter l’événement. Ils veulent montrer leur désaccord au ministre de l’intérieur Jan Jambon concernant la réforme de la protection civile. C’est aussi une manière pour eux d’interpeller les citoyens sur les conséquences de cette réforme.

"On a décidé de refuser l’invitation à défiler samedi" explique Louis-Pierre Baert, adjudant de la protection civile de Crisnée. "Premièrement, nous n’en avions pas le cœur sachant que beaucoup d’entre nous vont rester sur le carreau avec cette réforme. Ensuite c’était une manière pour nous d’interpeller le citoyen, de lui dire qu’il faudra qu’il s’habitue à moins nous voir.

Réduction des effectifs  

Pour les agents de la protection civile la réforme entérinée par le gouvernement fédéral signe presque la mort de celle-ci. Cette réforme prévoit en effet la fermeture de quatre des six casernes présentes en Belgique et une diminution importante du personnel. Sur les 225 agents wallons, seulement 155 seront maintenus dans leurs fonctions. De plus, la sélection du personnel se fera sur base d’un concours où seuls les meilleurs résultats seront gardés sans tenir compte de l’expérience ni de l’ancienneté des travailleurs.

"Pour réussir le concours il faut obtenir un résultat de 60%" explique l’adjudant Louis-Pierre Baert. "Mais réussir le concours ne veut pas dire que l’on garde son poste. Un agent qui obtient 85% pourrait ne pas avoir de poste en fonction de la moyenne des autres. Donc, on est ici dans un concours, une compétition. De plus, parmi les officiers, la sélection se fera aussi par rétrogradation. Cela veut dire qu’ils seront tous rétrogradés et devront à nouveau présenter leurs examens pour obtenir un grade qu’ils avaient déjà."

Autre point qui inquiète la protection civile : les agents qui n’arriveront pas à passer les concours seront dirigés vers d’autres services de l’intérieur.

"Techniquement on ne perd pas notre travail. Mais le problème c’est qu’on va mettre les gens dans des fonctions pour lesquelles ils ne sont pas formés et pour lesquelles ils devront aussi postuler et passer des épreuves. Donc c’est une fausse bonne idée. On regrette que cette réforme soit menée de la sorte."

Moins de sécurité

Au-delà de leurs sentiments et de l’impression d’une réforme bâclée, les agents de la protection civile sont également inquiets pour la sécurité des citoyens.

"Il est quand même difficile de se dire que la sécurité des gens ne sera pas impactée lorsqu’on supprime quatre casernes sur six et presque deux tiers du personnel" explique l’adjudant Baert. "Je ne vois pas comment nous allons pouvoir continuer à assurer nos missions avec moins de gens sur une zone plus grande. Une partie de nos tâches seront confiées aux pompiers. Mais tôt ou tard c’est eux qui seront surchargés. Ce n’est que reporter le problème ailleurs."

La réforme de la protection civile sera effective dès janvier 2019. Les concours auront lieu en septembre et en octobre. Les agents de la protection civile n’excluent pas de perturber le bon déroulement de ceux-ci.

 






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