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Les écoles inclusives restent encore trop rares

 13 fevrier 2021 07:00   Liège


La Belgique a récemment été condamnée par le Comité Européen des droits Sociaux pour son manque d'investissements dans l'enseignement inclusif. C'est une forme d'enseignement qui permet à des élèves à déficience intellectuelle d'intégrer l'enseignement ordinaire. En Fédération Wallonie-Bruxelles il n'existe que dix-sept classes de ce type pour l'enseignement fondamental et aucune pour le niveau secondaire. À Liège, un projet de ce type soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Ville existe à l'école des Rivageois.

Manon, porteuse de trisomie 21 et Tylan atteint du syndrome de Prader-Willy, font partie d’une classe inclusive à l’école fondamentale des Rivageois à Liège. Plusieurs fois par semaine, ils passent une partie de leur matinée dans leur classe ordinaire de 2ème primaire, parmi des enfants qui les accueillent avec bienveillance. 

"Çse passe très bien" déclare Inaya, élèves de deuxième primaire. "Quand ils sont là, je m’amuse bien. Manon et les autres sont très gentils." Entre les élèves, c’est aussi l’entraide qui s’installe comme l’évoque Babeth, une autre élève de la classe : "Je trouve que cette classe, elle est bien parce qu’on s’aide les uns les autres."

Depuis trois ans l’école des Rivageois et l’école fondamentale spécialisée Joëlle-Robins ont mis sur pied une classe inclusive. Dans cette classe sept enfants présentant une déficience intellectuelle suivent les cours dans une classe adaptée mais en allant aussi dans les classes ordinaires.   

"Une classe inclusive, c’est une classe de l’enseignement spécialisé implantée dans une école ordinaire" explique Marie Mawet, institutrice. "Les enfants sont amenés à passer des moments d’accrochages dans les classes de mes collègues. Ils y vont en fonction de leurs acquis, des leçons à voir, ou bien de leurs passions." 

Tout cela est le fruit d’un travail de collaboration étroite entre les équipes pédagogiques des filières ordinaire et spécialisée. Pour ces enfants à besoin spécifiques, les bénéfices sont nombreux.

"La plus-value est essentiellement sociale" explique Justine Prégardien, coordinatrice inclusion de l’école fondamentale spécialisée Joëlle-Robins. "Ils vont beaucoup apprendre par imitation pendant ces moments collectifs. Ils vont être tirés vers le haut. Ils vont aussi développer de vraies relations amicales avec les élèves de l’ordinaire."

Pour les autres, c’est l’acceptation de la différence de l’autre qui est acquise au travers de ce projet.

Cette classe inclusive est l’une des dix-sept qu’il existe en Fédération Wallonie-Bruxelles. Un nombre qui reste limité pour plusieurs raisons : manque de moyens financiers ou humains, et parfois encore des réticences face à la déficience intellectuelle. 

L’école des Rivageois est l’un des trois établissements de la Province à avoir une classe. Les autorités communales et le Pouvoir Organisateur de l’enseignement planchent actuellement sur un projet d’ouverture d’une autre classe de ce type sur le territoire de la commune. 








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