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Drones : que peut-on faire à Liège ?

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 14 septembre 2019 10:00   Province de Liège

Ce jeudi 12 septembre Skeyes et la Direction Générale du Transport Aérien (DGTA) a présenté, à Bruxelles, la nouvelle version de son application droneguide. Dénommée Droneguide Pro cette nouvelle mouture s'adresse avant tout aux professionnels. Des drones se vendent quotidiennement dans nos commerces, mais peut-on voler où on veut, quand on veut ? 

Des appareils facilement accessibles

Les clichés et vidéos aériens sont devenus légion sur le web. Nombreux photographes et vidéastes tant professionnels qu'amateurs rêvent de réaliser les mêmes productions. Pour cela rien de plus simple, de très bons drones sont disponibles dans divers magasins, et certains en vendent même quotidiennement. Mais si l’achat est aisé, il faut tout de même faire attention, l’utilisation des drones est règlementée. Certains vendeurs informent les acheteurs. "On leur explique qu'il y a des cours, on explique que certains drones nécessitent un permis et on leur donne la marche à suivre." Explique Thierry Meurmans, vendeur dans un magasin de photographie liégeois. "Les personnes qui vont l'utiliser professionnellement sont touchés et y font attention. Certains amateurs y font un peu moins attention en disant qu'ils joueront avec ça dans leur jardin, mais on leur fait tout de même la remarque qu'il y a malgré tout des règles à respecter."

Les règles pour les utilisateurs privés, dit récréatifs

Pour les utilisateurs de loisirs la règle est simple. Ils ne peuvent faire voler que des drones de moins de 1kg à une hauteur maximale de 10 mètres au-dessus d’un terrain privé.Le survol de certaines zones sensibles est également interdit.

Comment fait-on pour pouvoir voler ailleurs, en toute légalité ?

Si l'utilisateur désire dépasser la limite de 10 mètres et survoler des terrains non privés il rentre dans la catégorie des vols professionnels/commerciaux. Cette utilisation se divise en 2 catégories :

- Classe 2 : l'utilisateur peut piloter des drones pesant jusqu'à 5 kilos, l'utilisation doit s'effectuer en dehors des agglomérations, le télépilote doit conserver le contact visuel avec son drone et doit voler à 50 mètres des personnes et des bâtiments. Le drone peut monter jusqu'à une altitude maximale de 45 mètres.

- Classe 1 (subdivisée en 1b et 1a en fonction du risque de la mission effectuée) : l'utilisateur peut piloter des drones jusqu'à 150 kilos et peut monter jusqu'à une altitude de 90 mètres. 

Ces classes correspondent à des licences de télépilotes. Pour les obtenir l'utilisateur devra suivre des cours et passer des examens. Des formations qui débutent aux alentours des 600€ et qui peuvent monter jusqu'à 3000€.

Donc avec une licence, on peut voler où on veut ?

Pas vraiment. Il existe de nombreuses zones contrôlées et interdites. Et Liège ne figure pas parmi les mieux servis en la matière. "Au-dessus des villes c'est très contrôlé" commentre François Bellot, ministre fédéral de la mobilité. "À Liège il y a 2 éléments spécifiques, c'est la proximité de la centrale de Tihange et puis c'est la proximité de l'aéroport de Bierset où il est hors de question que des drones volent dans la zone d'approche ou de décollage des avions. Mais ça n'empêche pas de pouvoir autoriser un certain nombre d'opérations sur Liège".

Pour obtenir ces autorisations il faudra être en possession d'une autorisation d'exploiter en classe 1a et faire la demande d'une dérogation. La demande sera analysée et acceptée, adaptée ou refusée par la DGTA. La dérogation coûte à l'opérateur la somme de 200€. 

Tous les survols de Liège ou d'autres zones contrôlées, en dehors d'un terrain privé, sont soumis à une demande de dérogation. 

Comment s'y retrouver facilement ?

C'est la question que se posait également Skeyes. C'est pourquoi il a été décidé, il y a 1 an de développer Droneguide, une application et un portail web informatifs où les utilisateurs pouvaient se renseigner sur la possibilité, ou non, de voler dans certaines zones. 

Ce vendredi 13 septembre Skeyes et la DGTA ont présenté Droneguide Pro, la version de l'application destinée aux professionnels. 

Par le passé, pour demander une dérogation, les télépilotes professionnels devaient envoyer des mails avec de nombreuses annexes reprenant des plans de vols, la description de la mission, une analyse des risques, etc. Aujourd'hui ces demandes peuvent s'effectuer directement au travers du portail et de l'application Droneguide. Lors de chaque vol professionnel les pilotes doivent signaler le début et la fin de leurs missions, cela s'appelle une notification de vol. Auparavant celles-ci devaient être envoyées via un formulaire en ligne, dorénavant elles pourront être transmises grâce à droneguide.

Droneguide pro permettra, à l'avenir, à la DGTA de savoir où se trouvent les télépilotes et quand leurs drones sont en vol. Avec ces informations la Direction Générale du Transport Aérien a pour objectif de mieux intégrer les drones dans le trafic aérien global.

L'objectif : s'adapter à ce secteur en constante évolution

Le drone est un secteur qui évolue très rapidement. Ce milieu connaît une croissance presque atypique pour le secteur de l'aviation. Avec ce nouveau portail Skeyes et la DGTA espère mieux répondre à la demande croissante du public. En 2019 plus de 16.000 notifications de vols professionnels ont déjà été enregistrées. "Il faut savoir qu'ici c'est une première mondiale." Explique François Bellot. "C'est le premier État qui se dote d'un outil de cette performance-là. L'outil est développé par une start-up belge et qui maintenant c'est internationalisée, parce que, le produit qu'on vient de vous présenter c'est une première mondiale, mais plusieurs autres États vont s'en doter."

Ce portail veut donc avant tout faciliter les démarches administratives des télépilotes. Pour le moment aucune information n'est disponible quant à un éventuel impact de cet outil sur le coût des dérogations.

Droneguide Pro ne vient donc pas modifier la législation en place et les interdictions de voler dans certaines zones. À noter que la législation européenne devrait entrer en vigueur dans le courant du mois de juillet 2020.

 

Pierre Devillers






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