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Handicap : à compétences égales, 50% de chances en moins d’être engagé

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 18 novembre 2020 17:01   Liège


Du 16 au 22 novembre c’est la Semaine Européenne pour l'Emploi des Personnes Handicapées. On estime en Belgique, qu’à compétences égales, un travailleur porteur d'un handicap a 50% de chances en moins d’être engagé qu'un autre travailleur. À Liège, l’asbl La Lumière qui œuvre pour les personnes aveugles et mal voyantes accompagne celles-ci dans leurs démarches pour trouver un emploi.

Victime d’une maladie dégénérative, Laurence Dubois est atteinte d’une cécité presque complète. Malgré ça, depuis quatre ans, elle est employée dans un salon de bien-être liégeois. Elle y est thérapeute énergétique en massage en réflexologie plantaire. Si aujourd’hui elle a un travail, elle a avant ça essuyé beaucoup de refus.

"Ça n'a pas été facile" explique Laurence Dubois, thérapeute énergétique. "Je pense que ça faisait un peu peur aux employeurs. On se demandait comment on allait bien pouvoir m'encadrer, qu'est-ce que j'allais pouvoir apporter à l'entreprise... On m'a aussi une fois dit que monter ou descendre les escaliers allait être compliqué. Je pense que c'est surtout le regard de l'autre qui allait être dérangeant."

Son handicap, cette fois-ci, n’a pas rebuté le patron du salon. Il considère que chacun a sa place dans le milieu entrepreneurial. Des aménagements du poste de travail ont dû être réalisés. Ils ont été financés par l’Aviq (Agence pour une Vie de Qualité). La manière de travailler aussi a été adaptée dans l’entreprise.

"On s'est adapté, et ça ne pose aucun problème" explique Ghislain Leger, patron du "Ghislain Leger - espace bien-être". "Comment? En étant aussi ordonné que la personne mal voyante. C'est-à-dire que chaque chose a sa place et chaque place à sa chose. Cela vaut aussi pour les collaborateurs. Par là, on entend une organisation qui permet de fédérer tous les collaborateurs. Chacun d'eux range méticuleusement les espaces de travail quand il a fini afin qu'on retrouve toujours à la même place tous les objets."

Aujourd’hui Laurence est connue et reconnue pour ses compétences dans son activité professionnelle, et non pour sa différence. Son métier est un moteur d’épanouissement.

"Je ne voudrais pas revenir à ma vie d'avant" déclare Laurence Dubois. "Ça m'apporte énormément au niveau social, et humain. Pouvoir échanger, pouvoir apporter mon aide, pouvoir me sentir utile. Les années précédentes, je ne me sentais pas utile. Ici, je me sens à ma place."

Dans ses démarches pour trouver un emploi, Laurence a été accompagnée par l’asbl La Lumière. Une cinquantaine de personnes mal voyantes ou aveugles y sont actuellement accompagnées en ce sens. C’est le cas de Jean-Paul Venutto, sans emploi depuis un an.

"Travailler c'est important pour moi" explique Jean-Paul Venutto, demandeur d'emploi. "Je ne me vois vraiment pas rester à la maison. Même si j'ai commencé des cours de cuisine, ce n'est pas trop mon truc. J'ai clairement envie de bouger. De par mon ancien boulot, j'ai été amené à voyager. Je suis une sorte de pigeon voyageur, j'ai vraiment envie de bouger à nouveau et de revoir des gens. c'est très important pour moi."

L’emploi de personnes porteuses de handicap n’est pas généralisé chez nous. Beaucoup d'employeur sont encore réticents à engager des personnes porteuses de handicap. En Wallonie, malgré de nombreuses aides de l’Aviq aux employeurs, le taux d’emploi des travailleurs en situation de handicap n’est que de 31,7%.

 










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